jeudi 5 novembre 2009

La forêt est vitale pour nous

GP/Le pillage incontrôlé et extrêmement rapide des forêts du Bassin du Congo menace la population, l’environnement et le climat sur notre planète. Lors d’une conférence organisé par Greenpeace, René Ngongo Mateso, biologiste, et Adrien Sinafasi Makelo, spécialiste en droits humains, expliquent pourquoi la République démocratique du Congo a besoin de soutien.

«C’est avec les guerres du Congo des années 1990 que le pillage des forêts a véritablement commencé », dit René Ngongo Mateso. «Dans une situation d’absence de pouvoir étatique, les armées et les groupes rebelles se sont approprié l’est du Bassin du Congo pour financer leurs activités par la vente du bois de la forêt tropicale.» Les acheteurs étaient nombreux, le marché mondial est friand de bois tropicaux. Une trentaine d’entreprises internationales sont aujourd’hui «actives» dans la région.

René Ngongo Mateso est biologiste et spécialiste en écologie. Il vient de la RDC: «Chacun a son propre choc initial. La première fois que j’ai vu une photo satellite du Bassin du Congo, j’étais atterré. J’ai compris la gravité du pillage de la forêt. J’ai immédiatement pensé aux conséquences pour la population.» Ngongo Mateso coordonne l’Organisation concertée des écologistes et amis de la nature (OCEAN), une association congolaise de protection de l’environnement. Avec son compatriote Adrien Sinafasi Makelo, il a entrepris une tournée de conférences à travers le monde, pour faire connaître la situation qui règne en RDC.

Adrien Sinafasi Makelo est spécialiste en droits humains et président du réseau Pygmies Indigenous People Association Network (PIPAN), un regroupement qui représente les populations pygmées du Bassin du Congo: «La coupe de bois est toujours une violation des droits fondamentaux. Lorsqu’une entreprise investit une zone forestière, les villageois n’ont plus accès à la forêt. C’est une catastrophe, car la forêt est absolument vitale pour les habitants. Elle est comme le supermarché pour les Européens – et bien plus. La forêt nous fournit de la nourriture, des matériaux de construction, une centaine de plantes médicinales. Sans la forêt, nous sommes perdus.»

L’industrie forestière établit de nouvelles routes à travers la forêt, larges comme des autoroutes. Ngongo Mateso explique que ces routes sont un problème grave pour les peuples de la forêt, parce qu’elles créent des voies d’accès pour les braconniers, les groupes de rebelles et les armées qui menacent la population locale. En ville, les possibilités de subsister se dégradent, et les habitants des villes se tournent vers la forêt, avec ses plantes et ses animaux, pour survivre. Mais le vacarme des machines d’abattage fait fuir les animaux. Adrien Sinafasi Makelo: «La course au bois tropical bat son plein. Des intérêts globaux sont en jeu, la Chine s’est récemment associée à l’exploitation forestière. La vie de la grande forêt tropicale est bouleversée.»

En RDC, environ 40 millions de personnes dépendent directement de la forêt pour leur survie. Avec le soutien de la Banque mondiale, le gouvernement de Kinshasa approuve l’exploitation industrielle des forêts, censée réduire la pauvreté et promouvoir l’économie du pays. La Banque mondiale a établi un contrat entre les entreprises forestières et la population locale, pour que celle-ci profite également de l’exploitation de la forêt. Les entreprises sont souvent bien accueillies, puisqu’elles apportent des cadeaux et promettent de construire des écoles et des hôpitaux – mais elles ne tiennent pas leurs engagements.

Les villageois ne connaissent pas la valeur de la terre et du bois sur le marché occidental. Il est donc facile pour les entreprises forestières d’accéder à la forêt et à des concessions valant des millions, moyennant des dédommagements ridicules – par exemple des habits usagés, relate Ngongo Mateso. Les contrats sont rédigés uniquement en français, les habitants sont appelés à signer immédiatement. Adrien Sinafasi Makelo: «Les entreprises viennent en général accompagnées d’un agent de police et d’un représentant du gouvernement, les habitants n’osent donc pas s’opposer. Et quelques jours plus tard, des machines énormes s’enfoncent dans la forêt.»

Il existe des contrôleurs de l’Etat, mais leurs conditions de travail sont totalement inadéquates, explique René Ngongo Mateso. «Ils ont une pièce avec une table et une machine à écrire, c’est tout. Pas de voiture: ils doivent louer un vélo ou demander aux entreprises forestières de les emmener vers les zones de coupe. Quand ils veulent comparer les volumes de bois coupé avec les quantités déclarées par les firmes, on leur refuse l’accès aux pièces justificatives.» Adrien Sinafasi Makelo poursuit: «La Banque mondiale a connaissance de ces pratiques, mais elle n’entreprend aucune démarche auprès du gouvernement. Elle ne respecte même pas le principe qu’elle a elle-même défini, selon lequel aucun projet ne peut être autorisé sans l’approbation de la population locale. Et le moratoire de la Banque mondiale sur l’octroi de nouvelles concessions n’existe que sur le papier.»

L’exploitation forestière – légale ou illégale – se poursuit. La coupe est radicale en bordure de la forêt, et plus sélective à l’intérieur. En toute insouciance, les firmes s’attaquent notamment au sapelli: cet arbre très prisé sur le marché mondial abrite un type de chenilles qui est une source de protéines essentielle pour les peuples de la forêt. L’écorce du sapelli présente en outre des propriétés médicinales, notamment analgésiques et anti-inflammatoires, elle est aussi utilisée pour soigner la malaria. Si rien n’est fait, le deuxième système de régulation du climat de notre planète risque de disparaître.

Les bois tropicaux de la RDC seront abattus, tronçonnés et vendus sur le marché des pays riches. La destruction est extrêmement rapide. Il n’est pas possible de réparer les dégâts, même sur plusieurs générations. C’est pourquoi Ngongo Mateso et Sinafasi Makelo demandent à la communauté internationale de faire pression sur le gouvernement de la RDC, sur la Banque mondiale et les exploitants forestiers – dont Siforco, qui fait partie du groupe Danzer qui a son siège en Suisse. Les enjeux ne sont pas seulement la justice, voire la pitié – il en va de la survie de l’humanité sur notre planète.

jeudi 29 octobre 2009

René Ngongo reçoit le prix Nobel alternatif

GP/Le Congolais René Ngongo de l'organisation non gouvernementale Greenpeace a reçu le prix Nobel alternatif 2009. Ngongo (48 ans) a travaillé en étroite collaboration avec Greenpeace pour la sauvegarde de la forêt du Congo, la deuxième plus grande forêt tropicale de la planète après l’Amazonie.

Le lauréat du prix Nobel alternatif 2009 a œuvré d’abord en qualité de dirigeant de l’ONG OCEAN (Organisation concertée des écologistes et amis de la nature) ensuite comme conseiller politique de Greenpeace/Afrique lorsqu’il a assuré l’ouverture du premier bureau de cette ONG en République Démocratique du Congo.

Grandi à proximité du Parc national de Virunga, espace unique où vit une biodiversité inscrite sur la liste de l’UNESCO du patrimoine mondial en péril, René Ngongo a débuté sa carrière comme écologiste avant d’étudier la biologie à l’Université de Kisangani.

Il est le fondateur de l’ONG OCEAN. Le «Right Livelihood Award », connu comme «Prix Nobel alternatif», honore ceux qui offrent des réponses pratiques et exemplaires aux défis les plus urgents auxquels l’humanité est confrontée, indique-t-on.

Protéger les forêts du Congo, une activité essentielle de l’ONG OCEAN
La protection à tous égards des forêts de la République Démocratique du Congo, est l’une des activités essentielles de l’ONG OCEAN (Organisation concertée des écologistes et amis de la nature) fondée par le congolais René Ngongo, indique un document de l’ONG Greenpeace/Afrique.

Selon la source, dans le cadre de son travail pour protéger les forêts du bassin du Congo contre l’exploitation industrielle, René Ngongo a activement développé des solutions de base et des contacts locaux dans les villages reculés.

OCEAN, souligne Greenpeace, est vite devenue essentielle pour les activités éducatives sur la déforestation, le reboisement ainsi que pour la sensibilisation générale sur l’environnement entre 1994 et 2002. M. René Ngongo a élaboré des outils pédagogiques visant à lutter contre la pression exercée sur les forêts par l’agriculture sur brûlés avant de créer des champs expérimentaux à Kisangani.

Il a également organisé des plantations de semis (20 000 plants), des espèces les plus exploitées dans la province Orientale. La plantation, précise-t-on, a fourni des arbres qui ont servi à plusieurs manifestations «ville verte», rappelle Greenpeace.

jeudi 22 octobre 2009

Faustin Lokinda nouveau ministre d'agriculture

OKP/Samedi passé, le gouverneur de la Province orientale, Médard Autsai Asenga, a publié sa nouvelle équipe gouvernementale. Cinq ministres ont cédé leurs postes. Cinq autres ont gardé les leurs. S’exprimant au nom d'Autsai, le Vice-Gouverneur Joseph Bangakya justifie ce remaniement par le souci de relever les nombreux défis de la province et répondre aux multiples attentes de la population.


La nomination du gouverneur a pris en compte notamment les propositions des partis politiques majoritaires à l’assemblée provinciale et la représentation géographique de la Province orientale. Ce remaniement intervient en peu plus de deux ans après l’installation du précédent gouvernement.

Le district du Bas-Uelé avait deux postes. Ses deux anciens ministres ont été remplacés. Le district du Haut-Uelé a perdu un poste sur les trois qu’il comptait. L'un des anciens ministres est resté en fonction, deux autres ministres ont quitté le gouvernement.

Le district de la Tshopo qui comptait deux postes s’est vu ajouter un nouveau poste. Un ministre est conservé, deux sont sortants et deux nouveaux ont rejoint le gouvernement. Aucun changement n’affecte les trois postes ministériels de l’Ituri.

En termes de représentation politique, le PPRD, parti présidentiel, conserve ses cinq postes. Il en est de même pour le Mouvement social pour le renouveau (MSR) qui garde ses deux représentants. Polydor Latigo du MSR quitte le ministère des mines pour celui de l’enseignement. Le Rassemblement congolais pour la démocratie/Kisangani-Mouvement de libération perd un de deux postes qu’il avait. Il conserve seulement le ministère de la Fonction publique et de l’emploi. Vincent Okoyo, ancien vice-ministre national de la Fonction publique est nommé ministre provincial de la Fonction publique et de l’emploi. Au même moment, l’Alliance pour le renouveau du Congo a fait son entrée dans le nouveau gouvernement, avec un représentant. Il s’agit d’Armand Kasumbu nommé ministre du plan, économie, industrie et transport.

Parmi les nouvelles figures entrant, le député Faustin Lokinda se voit confier la charge du ministère de l’Agriculture et du développement rural. En termes de genre, une seule femme reste sur les deux que comptait le gouvernement provincial. Dr Angèle Uvon Akumu est maintenue à la tête du ministère de la santé publique, affaires sociales et solidarité humanitaire.

jeudi 15 octobre 2009

Réhabilitation de plusieurs unités fluviales

POT/L’administrateur directeur général adjoint de l’Office national des transports (ONATRA), Serge Basaula Ndombedi, a procédé jeudi 8 octobre au chantier naval de Ndolo à la mise à flot du bateau Kamoto.

Cette unité fluviale ne naviguait plus depuis deux ans. Les travaux de réhabilitation ont consisté en la remise en état complète de la coque. Ce convoi fluvial mixte (passagers et cargo) de grande puissance dispose de trois moteurs avec une capacité de près de 2000 CV. Il peut transporter à la montée 2500 tonnes et à la descente 6000 tonnes. Il sera lancé sur le fleuve dans les tout prochains jours.

Il est prévu de réhabiliter avant la fin de cette année encore les convois Aketi, Inzia et Inkanda. Le bateau Aketi sera basé à Mbandaka pour desservir les affluents dans la province de l’Équateur. Tandis que le convoi Inzia, dont le lieu d’affectation sera la ville de Kisangani, permettra d’exploiter la ligne Kisangani-Bumba-Lisala et vice versa.

La relance du trafic fluvial par l’ONATRA s’inscrit dans le cadre des stratégies du chef de l’état qui est déterminé par l’envoi des plusieurs tracteurs à l’intérieur du pays de remonter la production agricole et de surcroît la production intérieure. Ainsi l’ONATRA en mettant à la disposition des populations de l’intérieur du pays, des moyens appropriés pour l’évacuation de leurs produits vers le milieu de consommation, met également à la portée des paysans les produits manufacturés de base qui leur manquent. Conséquence: le chantier emploi est mis en valeur.

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C'est bient, même très bien pour l'instant, mais l'ONATRA ne doit pas baisser les bras. Au contraire: trois autres bateaux pour les 9 semaines à venir, c'est un rythme qui pourra servir au pays - si l'ONATRA continue en 2010 dans le même rythme. Comme-ça, nous aurons 16 autres pousseurs en service et le chef d'état pourrait commencer à réfléchir sur son programme de la relance du hinterland.

Déservir un pays aussi grand comme l'Europe avec un bac et trois bateaux? Le devoir deépasse les possibilités de l'ONATRA de toute façon. Donc, c'est aussi à tous les propriétaires d'une unité fluviale hors service de la réhabiliter, s'il lui manque des moyens, en partenariat avec des tiers.

Commentaire par Esperence Monoko Polele