Aketi est tenue par un groupe independant dirige l'homme d'affaires Jean-Pierre Bemba. Les soldats tchadiens sont soit chassés, soit tués.
Des soldats de M. Bemba nous ont montré des cartes d'identite tchadiennes, prises sur les corps de soldats tchadiens defaits militairement par eux au cours d'une bataille entre Aketi et Dulia. M. Bemba lui-même nous a affirmé recemment que ses hommes avaient tué 200 soldats tchadiens dans notre territoire. Mardi il nous a encore affirmé que les soldats tchadiens defaits ont reflué vers Gbadolite (EQ), avant de s'enfuir par la frontiere centrafricaine.
Avec les cartes d'identite, se trouvaient des effets personnels, comme des photos de soldats ainsi que le portrait du president tchadien Idriss Deby. Le Tchad aide militairement les forces rebelles de Laurent-Desire Kabila contre d'autres rebelles, ainsi que l'Angola, le Zimbabwe et la Namibie.
par E. M. P.
Itimbiri ya Sika ezalí zuluná ya nola ya Zaïre. Journal nord-zaïrois fondé en 1891 par le colonel Chaltin.
jeudi 12 novembre 1998
jeudi 20 février 1992
Marche d'espoir à Kinshasa finit en drame
Un prêtre nous écrit: «Disant la messe de 9 h 30 à Saint Joseph tous les dimanches depuis cinq ans, je m’y suis rendu le dimanche 16 février malgré les difficultés prévisibles, car l’église se trouve précisément au rond pont Victoire à Matonge (Kalamu, Kinsásá).
Arrivé à Saint Joseph, j’ai déposé le livre des monitions à la sacristie et me suis ensuite rendu devant l’église, comme je le fais d’ordinaire pour parler avec les gens qui viennent pour la messe de 9 h 30 et attendent à l’extérieur la fin de la messe des enfants.
La situation était déjà très tendue: une foule compacte chantant en agitant des branchettes était bloquée par les Gardes civiles un rien à gauche de l’Église vers le rond point Victoire.
J’ai vu de mes yeux les Gardes Civiles venir décharger leurs armes en l’air presque à bout portant, un mètre devant les manifestants. Ensuite la DSP est arrivée, elle a fait reculer la Garde Civile et s’est mise à tirer sur les manifestants. Ce que j’ai vu et entendu, c’est une avalanche de balles qui semblaient venir de toutes les directions et une fuite éperdue des manifestants. L’un d’entre eux est tombé la face contre terre juste à la grille de la parcelle. Je suis allé vers lui; le sang coulait abondamment de la tête; il avait été atteint d’une balle à hauteur de la lèvre, en plein visage. C’était une balle tirée pour tuer. Des hommes de bonne volonté l’ont ramassé et transporté sous le porche de l’église. À ce moment aussi la manifestation restait toujours pacifique: de multiples appels «bofínga bangó tɛ́ – ne les insultez pas» étaient adressés aux plus excités.
Peu après, un second corps a été amené, venant du côté de Matonge. Il a été déposé à côté du premier devant l’église. Sur le coté gauche de l’église, près de la porte de la chorale, deux hommes furent encore atteints par une même balle au moment où ils se jetaient par terre le long du mur de l’église. On les transporta vers l’arrière, entre l’église et le presbytère.
Quand l’église a été ouverte, les corps des deux premiers tués ont été portés à l’intérieur et couchés par terre au pied du chœur.
Tous les quarts d’heure environ jusqu’aux environs de midi, on a apporté d’autres corps, jusqu’à en avoir 7 couchés côte à côte. Il était difficile de tenir l’ordre dans cette chapelle ardente improvisée, surtout à chaque arrivée d’un nouveau corps. Mais de multiples personnes s’y sont employées à tour de rôle, animant au micro des chants, récitant le chapelet ou donnant des instructions pour orienter le cortège des personnes qui voulaient défiler devant les victimes. Ce défilé n’était pas inutile, car peu de morts avaient des papiers sur eux. Ce sont des personnes qui les connaissaient qui ont identifié les autres. Sur chaque corps, on put ainsi déposer un carton portant son nom et son adresse. Beaucoup de personnes ont copié ces informations et une série de photos et même de films ont été pris.
Tous les morts étaient touchés par balle au visage ou à la poitrine et saignaient abondamment. Plusieurs visages étaient horribles à voir. Un drap a été mis sur certains. Il y avait parmi les victimes un enfant de cinq ou six ans et un autre de douze à quinze, dont le papa s’est présenté et a placé le corps sous la protection de l’Église. On avait en effet vu des hommes en tenue de Croix rouge se faufilant dans les rues autour de l’église et très tôt il était certain pour tous qu’ils étaient le service de croix rouge de la DSP et non celui de la zone ou de la ville.
On craignait dès lors qu’ils ne fassent disparaître les corps, comme après le massacre des étudiants de l’université le 4 juin 1969.
Vers 14 h, les environs de Matonge étaient vides et contrôlés par la DSP et les Gardes Civiles. Mais il y avait encore environ 2000 personnes dans l’église et dans la parcelle qui l’entoure. Il était clair que les militaires cherchaient à les disperser.
Il était peut-être 14 h 45 quand le dernier drame s’est produit. Un soldat, grimpé sur le toit de la salle paroissiale, a jeté à l’intérieur de l’église une grenade lacrymogène à travers les claustras. Je l’ai vue tomber, elle a éclaté et dégagé une fumée suffocante. Pris dans la densité des gaz, c’est sur tout le corps qu’on ressent assez rapidement des picotements. Ce fut une panique affreuse: les gens se sont rués les uns sur les autres, écrasant tout ce qui résistait, renversant l’orgue, les fleurs autour du tabernacle, arrachant les rideaux et tentures. Des gens ont escaladé la cloison arrière du chœur pour se retrouver bloqués dans le corridor étroit qui se trouve derrière: ils ont alors brisé une série de vitres translucides donnant sur l’extérieur.
Beaucoup se sont jetés sur la vasque des fonts baptismaux et la sacristie, dans le souci de mouiller leur mouchoir pour se protéger les yeux. Que de casse en quelque minutes par un acte irresponsable, sans avertissements ni sommation! Pour ajouter d’ailleurs à la panique, les militaires se mirent à tirer en l’air en rafales pour achever de disperser ceux qui sortaient en courant de l’église.
Vers 15 h 20, on vit s’avancer des hommes en tenue de croix rouge autour de l’église et deux corbillards. Nous ne pouvions pas accepter qu’on prenne les corps sans ordre de mission et une décharge indiquant où on les conduisait. Une discussion s’éleva entre les militaires, leurs croix rouge, le commissaire de zone et nous-même.
Le commissaire de zone donna l’ordre de prendre les corps de force, malgré notre protestation. Le parent d’une des victimes qui était dans l’église laissa alors éclater sa douleur en criant qu’il n’appartenait pas à ceux qui avaient tué ces hommes de les emporter sans l’accord de leurs familles. Le commissaire de zone demanda à deux soldats de le saisir. Mais l’homme, par la force du désespoir, réussit deux fois à les jeter par terre. Ce fut une course affreuse dans l’église. Finalement, l’homme se cramponna à l’autel. Il en fut enlevé avec brutalité: le cierge électrique fut lui-même arraché, la nappe déchirée et l’eau du vase de fleurs renversée sur l’autel. A ce moment, il y avait tout un groupe de militaires en armes et sans aucun respect dans l’église. Pendant ce temps, les croix rouges enlevaient les corps sans ménagement et sans même prendre la peine de noter leur identité. Les ayant chargé dans deux corbillards amenés près de la porte latérale située du coté de la chorale, ils partirent avec sirènes précédés d’une jeep de la DSP avec drapeau de la croix rouge.
Il était 15 h 48 quand tout fut fini. Avec les trois abbés de la paroisse, nous nous sommes alors rendus chez le Cardinal pour lui faire rapport sur ce qui s’était passé depuis le matin. Après avoir écouté notre récit, il tint à prier un chapelet à la chapelle, puis nous accompagna à Saint Joseph pour voir l’endroit où les morts avaient reposé et l’état dans lequel se trouvait l’église. Il en fut très peiné et partit ensuite visiter les blessés qui se trouvaient à l’hôpital Saint Joseph à Limete (KN).»
témoinage par un prêtre, connu à la rédaction
Itimbiri ya Sika – 20 février 1992
Arrivé à Saint Joseph, j’ai déposé le livre des monitions à la sacristie et me suis ensuite rendu devant l’église, comme je le fais d’ordinaire pour parler avec les gens qui viennent pour la messe de 9 h 30 et attendent à l’extérieur la fin de la messe des enfants.
La situation était déjà très tendue: une foule compacte chantant en agitant des branchettes était bloquée par les Gardes civiles un rien à gauche de l’Église vers le rond point Victoire.
J’ai vu de mes yeux les Gardes Civiles venir décharger leurs armes en l’air presque à bout portant, un mètre devant les manifestants. Ensuite la DSP est arrivée, elle a fait reculer la Garde Civile et s’est mise à tirer sur les manifestants. Ce que j’ai vu et entendu, c’est une avalanche de balles qui semblaient venir de toutes les directions et une fuite éperdue des manifestants. L’un d’entre eux est tombé la face contre terre juste à la grille de la parcelle. Je suis allé vers lui; le sang coulait abondamment de la tête; il avait été atteint d’une balle à hauteur de la lèvre, en plein visage. C’était une balle tirée pour tuer. Des hommes de bonne volonté l’ont ramassé et transporté sous le porche de l’église. À ce moment aussi la manifestation restait toujours pacifique: de multiples appels «bofínga bangó tɛ́ – ne les insultez pas» étaient adressés aux plus excités.
Peu après, un second corps a été amené, venant du côté de Matonge. Il a été déposé à côté du premier devant l’église. Sur le coté gauche de l’église, près de la porte de la chorale, deux hommes furent encore atteints par une même balle au moment où ils se jetaient par terre le long du mur de l’église. On les transporta vers l’arrière, entre l’église et le presbytère.
Quand l’église a été ouverte, les corps des deux premiers tués ont été portés à l’intérieur et couchés par terre au pied du chœur.
Tous les quarts d’heure environ jusqu’aux environs de midi, on a apporté d’autres corps, jusqu’à en avoir 7 couchés côte à côte. Il était difficile de tenir l’ordre dans cette chapelle ardente improvisée, surtout à chaque arrivée d’un nouveau corps. Mais de multiples personnes s’y sont employées à tour de rôle, animant au micro des chants, récitant le chapelet ou donnant des instructions pour orienter le cortège des personnes qui voulaient défiler devant les victimes. Ce défilé n’était pas inutile, car peu de morts avaient des papiers sur eux. Ce sont des personnes qui les connaissaient qui ont identifié les autres. Sur chaque corps, on put ainsi déposer un carton portant son nom et son adresse. Beaucoup de personnes ont copié ces informations et une série de photos et même de films ont été pris.
Tous les morts étaient touchés par balle au visage ou à la poitrine et saignaient abondamment. Plusieurs visages étaient horribles à voir. Un drap a été mis sur certains. Il y avait parmi les victimes un enfant de cinq ou six ans et un autre de douze à quinze, dont le papa s’est présenté et a placé le corps sous la protection de l’Église. On avait en effet vu des hommes en tenue de Croix rouge se faufilant dans les rues autour de l’église et très tôt il était certain pour tous qu’ils étaient le service de croix rouge de la DSP et non celui de la zone ou de la ville.
On craignait dès lors qu’ils ne fassent disparaître les corps, comme après le massacre des étudiants de l’université le 4 juin 1969.
Vers 14 h, les environs de Matonge étaient vides et contrôlés par la DSP et les Gardes Civiles. Mais il y avait encore environ 2000 personnes dans l’église et dans la parcelle qui l’entoure. Il était clair que les militaires cherchaient à les disperser.
Il était peut-être 14 h 45 quand le dernier drame s’est produit. Un soldat, grimpé sur le toit de la salle paroissiale, a jeté à l’intérieur de l’église une grenade lacrymogène à travers les claustras. Je l’ai vue tomber, elle a éclaté et dégagé une fumée suffocante. Pris dans la densité des gaz, c’est sur tout le corps qu’on ressent assez rapidement des picotements. Ce fut une panique affreuse: les gens se sont rués les uns sur les autres, écrasant tout ce qui résistait, renversant l’orgue, les fleurs autour du tabernacle, arrachant les rideaux et tentures. Des gens ont escaladé la cloison arrière du chœur pour se retrouver bloqués dans le corridor étroit qui se trouve derrière: ils ont alors brisé une série de vitres translucides donnant sur l’extérieur.
Beaucoup se sont jetés sur la vasque des fonts baptismaux et la sacristie, dans le souci de mouiller leur mouchoir pour se protéger les yeux. Que de casse en quelque minutes par un acte irresponsable, sans avertissements ni sommation! Pour ajouter d’ailleurs à la panique, les militaires se mirent à tirer en l’air en rafales pour achever de disperser ceux qui sortaient en courant de l’église.
Vers 15 h 20, on vit s’avancer des hommes en tenue de croix rouge autour de l’église et deux corbillards. Nous ne pouvions pas accepter qu’on prenne les corps sans ordre de mission et une décharge indiquant où on les conduisait. Une discussion s’éleva entre les militaires, leurs croix rouge, le commissaire de zone et nous-même.
Le commissaire de zone donna l’ordre de prendre les corps de force, malgré notre protestation. Le parent d’une des victimes qui était dans l’église laissa alors éclater sa douleur en criant qu’il n’appartenait pas à ceux qui avaient tué ces hommes de les emporter sans l’accord de leurs familles. Le commissaire de zone demanda à deux soldats de le saisir. Mais l’homme, par la force du désespoir, réussit deux fois à les jeter par terre. Ce fut une course affreuse dans l’église. Finalement, l’homme se cramponna à l’autel. Il en fut enlevé avec brutalité: le cierge électrique fut lui-même arraché, la nappe déchirée et l’eau du vase de fleurs renversée sur l’autel. A ce moment, il y avait tout un groupe de militaires en armes et sans aucun respect dans l’église. Pendant ce temps, les croix rouges enlevaient les corps sans ménagement et sans même prendre la peine de noter leur identité. Les ayant chargé dans deux corbillards amenés près de la porte latérale située du coté de la chorale, ils partirent avec sirènes précédés d’une jeep de la DSP avec drapeau de la croix rouge.
Il était 15 h 48 quand tout fut fini. Avec les trois abbés de la paroisse, nous nous sommes alors rendus chez le Cardinal pour lui faire rapport sur ce qui s’était passé depuis le matin. Après avoir écouté notre récit, il tint à prier un chapelet à la chapelle, puis nous accompagna à Saint Joseph pour voir l’endroit où les morts avaient reposé et l’état dans lequel se trouvait l’église. Il en fut très peiné et partit ensuite visiter les blessés qui se trouvaient à l’hôpital Saint Joseph à Limete (KN).»
témoinage par un prêtre, connu à la rédaction
Itimbiri ya Sika – 20 février 1992
jeudi 5 décembre 1974
Les otages sains et sauves
Il ya a 10 ans:
Le 13 novembre, le capitaine Schoeters, officier du secteur «Ops Nord», prit les dispositions nécessaires auprès de l'OTRACO en vue d’assurer l'acheminement de barges chargées de charroi et de matériel logistique pour la poursuite des opérations. À Léopoldville, l'Office des Transports Congolais était intéressé par la reprise du trafic fluvial vers les agglomérations récemment libérées par l'ANC. L'administrateur-gérant Hubert Dejeneffe décida de se rendre le 23 novembre à Bumba en DC-3 d'Air Congo avec Jacques Mbilo, directeur d'exploitation des voies fluviales, pour y inspecter les installations portuaires. Les autorités militaires facilitèrent leur mission, car le ravitaillement de Bumba était primordial pour l’ANC. Ils furent accueillis à l'aérodrome par le directeur de l'OTRACO Albert Dovelle, chargé de mission, et par le chef de zone de l'Itimbiri Joseph Lay. Ils étaient venus en bicyclette, car tous les véhicules avaient disparu et ils les accompagnèrent au port. Durant la visite du port, ils leur firent le récit de la libération de la ville par l'armée congolaise un mois auparavant.
Les installations portuaires, consistant en trois appontements de 14 mètres de large sur 230 mètres de rives, 2950 m2 de magasins, une grue tripode et un ponton grue de 10 tonnes, étaient dans un état lamentable: la toiture du magasin «Import» était trouée par des centaines de balles de mitrailleuses et devait être remplacée, le dallage du quai avait été détruit par un obus de mortier et une grue tripode était endommagée. Une partie du magasin des approvisionnements avait été pillé par la population, deux coffres-forts avaient été forcés, de nombreux documents avaient disparu et dans tous les coins de la ville, on marchait sur des tessons de bouteilles de bière.
Le lieutenant-colonel Itambo et les officiers du QG d'Ops Nord leur réservèrent un bon accueil et à leur demande, le commandant du secteur fit interdire l'accès du port fluvial à toutes les personnes étrangères. Sur ordre du capitaine Schoeters, le remorqueur «Aru» de l’OTRACO avait été réquisitionné la veille de leur arrivée pour former un convoi de trois barges amarrées en pointe. Cette base flottante d'appui logistique partie de Bumba, avait été confiée au capitaine Smolders, ancien de la Force Publique, assisté de deux volontaires sud africains et de quelques soldats noirs. Il devait ravitailler une colonne de l'ANC partie à l'aube par la voie terrestre en direction d’Aketi.
Le convoi tiré par le remorqueur «Aru» vogua sur la rivière Itimbiri en direction de cette localité portuaire. Il avait été armé de mortiers et de mitrailleuses par les militaires qui l’occupaient et des sacs de sable avaient été disposés sur ses ponts pour protéger l'équipage fourni par l’OTRACO. Le lendemain de leur arrivée à Bumba, les envoyés de l'OTRACO venus de Léopoldville apprirent par la radio que la localité d’Aketi avait été reprise par les forces d'Ops Nord et que Stanleyville, capitale de la rébellion depuis août 1964, était tombée aux mains du 1er bataillon parachutiste de Diest qui y avaient accueilli la 5e Brigade mécanisée. Il leur fut impossible de se rendre dans ces agglomérations par manque de véhicules et aucun des avions militaires ne pouvait les prendre à bord, car ils effectuaient sans arrêt des missions de bombardement, de transport et de reconnaissance. De plus, le siège de l'OTRACO à Léopoldville avec lequel ils étaient en contact phonie leur fit savoir que le QG/ANC n'autorisait pas l'arrivée de civils dans les localités libérées.
Pendant ce temps, l’équipe du major Genis organisait l’évacuation vers l’aérodrome d’Aketi des otages sauvés des griffes des Simba et les volontaires patrouillèrent ensuite vers Titule, Zobia, Dingila et Bambesa à la recherches d’autres Européens. Dans l'après-midi du 25 novembre, les réfugiés d'Aketi firent escale à Bumba avant de rejoindre Léopoldville par avion de l’US Air Force et des agents de la Vicicongo apprirent au directeur Albert Dovelle que le personnel de l'OTRACO avait probablement fui en brousse, car aucun d'entre eux n'avait été tué par les rebelles.
Ce jour là, le remorqueur «Avakubi» déhala les barges en aval du port pour le dégager des corps de rebelles tués qui flottaient près du quai. La même mesure fut prise en amont sur la rive droite du fleuve où étaient amarrées des allèges et les cadavres mulélistes furent emportés par le courant dans l'indifférence générale. Le port de Bumba reprenait peu à peu un aspect normal et à 21h10, l'ITB «Moulaert» venant de Lisala accosta. Il était commandé par le capitaine Dongala qui leur apprit que le balisage laissait à désirer sur la route qu'il avait suivie, mais qu'elle était praticable sans trop de risques par des capitaines expérimentés. Le 25 novembre vers une heure du matin, le remorqueur «Aru» revint d'Aketi avec ses barges.
publié par Itimbiri ya Sika, jeudi, le 3 décembre 1964.

Les installations portuaires, consistant en trois appontements de 14 mètres de large sur 230 mètres de rives, 2950 m2 de magasins, une grue tripode et un ponton grue de 10 tonnes, étaient dans un état lamentable: la toiture du magasin «Import» était trouée par des centaines de balles de mitrailleuses et devait être remplacée, le dallage du quai avait été détruit par un obus de mortier et une grue tripode était endommagée. Une partie du magasin des approvisionnements avait été pillé par la population, deux coffres-forts avaient été forcés, de nombreux documents avaient disparu et dans tous les coins de la ville, on marchait sur des tessons de bouteilles de bière.

Le convoi tiré par le remorqueur «Aru» vogua sur la rivière Itimbiri en direction de cette localité portuaire. Il avait été armé de mortiers et de mitrailleuses par les militaires qui l’occupaient et des sacs de sable avaient été disposés sur ses ponts pour protéger l'équipage fourni par l’OTRACO. Le lendemain de leur arrivée à Bumba, les envoyés de l'OTRACO venus de Léopoldville apprirent par la radio que la localité d’Aketi avait été reprise par les forces d'Ops Nord et que Stanleyville, capitale de la rébellion depuis août 1964, était tombée aux mains du 1er bataillon parachutiste de Diest qui y avaient accueilli la 5e Brigade mécanisée. Il leur fut impossible de se rendre dans ces agglomérations par manque de véhicules et aucun des avions militaires ne pouvait les prendre à bord, car ils effectuaient sans arrêt des missions de bombardement, de transport et de reconnaissance. De plus, le siège de l'OTRACO à Léopoldville avec lequel ils étaient en contact phonie leur fit savoir que le QG/ANC n'autorisait pas l'arrivée de civils dans les localités libérées.
Pendant ce temps, l’équipe du major Genis organisait l’évacuation vers l’aérodrome d’Aketi des otages sauvés des griffes des Simba et les volontaires patrouillèrent ensuite vers Titule, Zobia, Dingila et Bambesa à la recherches d’autres Européens. Dans l'après-midi du 25 novembre, les réfugiés d'Aketi firent escale à Bumba avant de rejoindre Léopoldville par avion de l’US Air Force et des agents de la Vicicongo apprirent au directeur Albert Dovelle que le personnel de l'OTRACO avait probablement fui en brousse, car aucun d'entre eux n'avait été tué par les rebelles.
Ce jour là, le remorqueur «Avakubi» déhala les barges en aval du port pour le dégager des corps de rebelles tués qui flottaient près du quai. La même mesure fut prise en amont sur la rive droite du fleuve où étaient amarrées des allèges et les cadavres mulélistes furent emportés par le courant dans l'indifférence générale. Le port de Bumba reprenait peu à peu un aspect normal et à 21h10, l'ITB «Moulaert» venant de Lisala accosta. Il était commandé par le capitaine Dongala qui leur apprit que le balisage laissait à désirer sur la route qu'il avait suivie, mais qu'elle était praticable sans trop de risques par des capitaines expérimentés. Le 25 novembre vers une heure du matin, le remorqueur «Aru» revint d'Aketi avec ses barges.
publié par Itimbiri ya Sika, jeudi, le 3 décembre 1964.
jeudi 28 novembre 1974
Aketi libérée des Simba

Les discutions politiques sur les opérations Dragon Blanc (Bunia), Dragon Vert (Watsa) et Dragon Noir (Paulis) commencèrent alors que l’opération Dragon Rouge était en cours d’exécution. À Bruxelles et à Washington, on était unanime: les otages occidentaux aux mains des Simba couraient les plus graves dangers, mais le président Johnson ne voulait pas s’engager plus avant dans la guerre civile au Congo et il n’autorisait qu’une seule opération supplémentaire. Le ministre belge des Affaires Étrangère P.H. Spaak voulait annuler toutes les opérations supplémentaires car il craignait les réactions des pays du tiers-monde et des républiques populaires, tandis que son chef de Cabinet, le vicomte Davignon, et le premier ministre Theo Lefévre étaient fermement convaincus que ces opérations étaient nécessaires.
L’ambassadeur US à Léopoldville Mc Murtrie-Godley, soutenu par le général Adams d’USSTRICOM, était également partisan d’effectuer d’autres opérations car il connaissait la situation militaire et doutait que l’ANC fut capable d’engager des opérations de sauvetage dans ces localités. Les seules bonnes nouvelles étaient que la 5e Brigade mécanisée avait occupé Stanleyville et que la colonne Ops Nord, organisée à Bumba par le major ATMB Génis avec des mercenaires belges et Sud Africains, des parachutistes congolais et des troupes katangaises, s’était emparée du port fluvial d’Aketi (voir photographie) et se préparait à attaquer Buta. Le groupe para spécial du cpn Noddyn avait sauvé cent trente quatre Belges et dix Américains à Aketi, et les mercenaires belges exploraient les villages des alentours pour secourir d’autres otages. Les témoignages des otages sauvés dans les environs d’Aketi indiquaient clairement que la garnison de Simbas qui occupait Paulis était très menaçante envers les Occidentaux qui étaient entre leurs mains.
publié par Itimbiri ya Sika, jeudi, le 26 novembre 1964
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